:: wikimiki.org ::
| Châteaux |
Châteaux ja:城
sv:Slott
Un château est une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief.
Les premiers châteaux étaient construits en bois souvent sur une élévation de terre (motte castrale), puis en pierre afin de résister aux nouvelles armes de guerre. On les appela les châteaux forts.
À la Renaissance, les rois de France décidèrent de construire des châteaux non plus pour la défense mais pour leur agréement et leur confort. Les plus célèbres des châteaux de cette époque sont les châteaux de la Loire.
En Europe
Le château (ou chastel en vieux français) du Moyen Âge n'est pas le castellum romain ; ce serait plutôt la villa antique munie de défenses extérieures.
castellum
Lorsqu'au , les Normands furent définitivement établis sur une partie du territoire de la France, ils construisirent des demeures fortifiées, et ces résidences conservèrent un caractère particulier, à la fois politique et féodal. Le château normand, au commencement de la période féodale, se distingue du château français ou franc ; il se relie toujours à un système de défense territorial, tandis que le château français conserve longtemps son origine germanique ; c'est la demeure du chef de bande, isolée, défendant son propre domaine contre tous, et ne tenant nul compte de la défense générale du territoire. Pour nous faire comprendre en peu de mots, le seigneur franc n'a pas de patrie, il n'a qu'un domaine ; tandis que le seigneur normand cherche, à la fois, à défendre son domaine et le territoire conquis par sa nation. Cette distinction doit être faite tout d'abord, car elle a une influence, non seulement sur la position de certaines demeures féodales, mais sur le système de défense adopté. L'équivalent normand du château franc est le manoir.
En Asie
France
En Asie les châteaux ne possédaient pas de cour intérieure : ils formaient une sorte de maison de taille gigantesque. Les seigneurs japonais pouvaient ansi accueillir leurs nombreuses relations, leur garde personnelle, eux mêmes et toute leur famille.
Le Japon, qui est resté un état féodal jusqu'à la fin du XIXième siècle, possède encore aujourd'hui de magnifiques châteaux, en parfait état de conservation puisque certains ont moins de 200 ans.
Voir aussi
- Liste des châteaux français par régions
- Château de Fontainebleau
- Château de Versailles
- Château de Pierrefonds
- Château de Vincennes
----
En marine, le château a la même fonction que son pendant terrestre. C'est la partie surélevée du navire.
----
Alcools: on parle de "châteaux" pour certains domaines vinicoles, même si le domaine ne possède pas de construction de type "château" à proprement parler.
"Château" est aussi une bière belge de qualité (KASTEEL bier). La Château Brune se distingue par un léger goût de porto (mais pas la Château Blonde).
----
Château est aussi une commune française de Saône-et-Loire
De nombreux autres lieux portent un nom commençant par Château.
-
Fief
Le fief était durant l'époque féodale un domaine concédé à un vassal par son seigneur, le plus souvent en échange de services militaires. Cette pratique s'est développée au Moyen Âge suite à l'éclatement de l'Empire carolingien, et a ensuite présidé à l'établissement d'une aristocratie foncière.
Le mot, sans doute d'origine germanique (vieh, bétail, bien d'importance), est apparu dans le Midi à la fin du IXe siècle (fevum), avec peut-être une confusion avec le mot fiscum (qui désigne à l'époque carolingienne les grands domaines royaux), et une filiation avec beneficium, ce qui évoquerait l'origine « publique » du fief méridional (le beneficium désigne la concession d'une terre fiscale par un agent public en échange de services publics). Il s'étend ensuite aux autres formes de concessions vassaliques et se substitue au mot bénéfice.
Le fief est opposé à l'alleu, qui ne relevait d'aucun seigneur.
Types de fiefs
Les fiefs sont de différents types, selon la chose qui est concédée, les obligations afférentes, sa place dans la hiérarchie féodale.
Selon le bénéfice
Le plus souvent, le fief est une tenure, une terre que le vassal tient de son seigneur, et qui assure sa subsistance et le paiement d'un équipement militaire.
- Fief de bourse ou fief en argent : le fief consiste en une somme versée en numéraire. En général, cette pratique était provisoire, jusqu'à ce que le seigneur put attribuer une terre à son vassal. Dans les États latins du Levant, il était appelé fief-besant. Voir aussi fief-rente
- Fief-rente : fief consistant en le versement d'une somme fixe et annuelle ; fréquent chez les rois de France et d'Angleterre du XI au , qui s'assuraient ainsi des vassaux, toujours immédiatement disponibles, et qui n'avaient pas à gérer de terres ;
- Fief en l'air ou fief incorporel : fief constitué de droits et de mouvances, sans domaine territorial.
Selon les obligations
Un fief est un bénéfice (le terme est équivalent jusqu'au Xe siècle environ, le terme fief s'impose ensuite) pour le vassal. Il donne lieu à des obligations en réciprocité, qui le caractérisent.
- Fief lige : fief dont la concession donnait lieu à un hommage lige, par lequel le vassal s'engageait à soutenir son seigneur envers et contre tous, et qui engageait tous les biens du vassal ;
- Un fief banneret ou de bannière oblige son détenteur à fournir une bannière (troupe de plusieurs chevaliers et de leurs suites) lorsque son seigneur le lui demande ;
- Fief de corps : fief lige, qui entraîne le service militaire, obligatoirement personnel, du vassal ; ce service devait se faire avec armement complet ou non, selon le fief ;
L'apparition du fief lige se fait au , lorsque les obligations du vassal, qui devait auparavant un dévouement absolu à son seigneur, se limitent aux quatre cas.
Selon sa hiérarchie
- Arrière-fief : fief relevant d'un autre
- Fief dominant : fief dont un autre relevait immédiatement ;
- Fief servant, ou fief mouvant : fief relevant d'un autre ;
- Fief de dignité : grand fief (principauté, duché, comté)
- Fief de haubert (ou de chevalier) : seigneurie châtelaine
Possesseurs du fief
Par nature, celui qui est capable de posséder un fief est noble, mais depuis la fin du Moyen Âge les roturiers (particuliers ou communautés) y ont accès, sous réserve de payer le droit de franc-fief : ce droit, payable tous les vingt ans au roi et lors des successions, est en principe fixé à une année de revenu.
Transmission du fief
Bien que faisant partie du patrimoine du seigneur, le fief fut de plus en plus considéré comme appartenant au vassal, et aliénable par lui. Cependant, le seigneur conservait un certain contrôle sur la mutation des fiefs qui relevaient de lui :
- en cas de vente, il percevait le quint, c'est-à-dire un cinquième de la valeur du fief, payé par le vassal comme droit de vente ; si le quint était payé par l'acquéreur et non le vendeur, s'y ajoutait le requint, soit un cinquième du quint (total : 24 % de la valeur du fief) ;
- lors d'une succession, l'héritier « relevait le fief », c'est-à-dire qu'il s'acquittait du relief à son seigneur ; le relief témoigne de la reprise de l'obligation vassalique, et équivalait généralement à une année de revenus ; après le XIIIe siècle, il eut tendance à décroître, voire à disparaître pour les descendants directs.
Voir aussi
- feudataire : détenteur d'un fief
- feudiste : juriste spécialisé en droit féodal
----
De nos jours le terme de fief est aussi utilisé pour désigner une zone géographique historiquement acquise à un parti ou à un homme politique.
Catégorie:Moyen Âge Catégorie:chevalier
Châteaux forts
Un château fort est un château fortifié de manière à pouvoir résister aussi bien à une attaque directe qu'à un siège.
Évolution des forteresses en Occident (X-XIII siècles)
La physionomie des châteaux forts a changé au cours du Moyen Âge parallèlement à l'évolution des techniques militaires et de siège (poliorcétique). La structure et l'ampleur des châteaux forts dépendent également des régions et du pouvoir de son propriétaire.
On peut distinguer plusieurs étapes, dans l'ordre chronologique :
La motte féodale (deuxième moitié du X siècle / début du XI siècle)
motte féodale, d'après la Tapisserie de Bayeux]]
Il s'agit d'une butte artificielle sur laquelle est aménagée une tour entourée d’une palissade et d'un large fossé.
Les dimensions des mottes varient de 50 à 100 mètres de diamètre et d'une hauteur de 15 à 20 mètres. Dans les premiers temps, la tour était en bois et comportait un ou deux étages où l'on trouvait des réserves et la chambre du châtelain et de sa famille ; entouré d'une palissade aménagée sur une levée de terre et d'un fossé en haut. L'entrée pouvait se faire par pont amovible gardé par une porte et une tour en bois. Au pied de la butte s'étendait une basse cour avec des habitations, des écuries et des bâtiments agricoles.
Certains sires érigeaient ces fortifications sans l'autorisation du prince : ce mouvement d'usurpation qui aboutira aux châtellenies du fut plus précoce dans le sud de la France. Dans la deuxième moitié du , le château à motte se multiplie et devient plus complexe en France. Il se diffuse en Allemagne et en Angleterre, après la conquête du duc Guillaume de Normandie. Elles se dotent alors d'une enceinte maçonnée au sommet de la motte.
La tapisserie de Bayeux est une source iconographique de première importance pour la connaissance des mottes féodales. Elle peut être complétée par les données archéologiques. Ces constructions de bois présentaient l'avantage de pouvoir être rapidement reconstruites, après un incendie par exemple. Elles servaient de refuge aux paysans des alentours, au temps des invasions scandinaves.
tapisserie de Bayeux
Premières forteresses en pierre (XI siècle)
La forteresse désigne un donjon en pierre entouré de remparts. Le donjon se développe surtout dans la deuxième moitié du . Dans l'empire, en Italie et en France du sud, de petites tours de trois ou quatre étages pouvaient se dresser seules et servir de refuge ou de poste de guet. Elles n'étaient pas protégées par une muraille.
Les premiers grands donjons à base rectangulaire apparaissent dans la vallée de la Loire (Langeais, fin du ). Ils sont adoptés en Normandie puis en Angleterre et en Allemagne au cours du . Celui de Loches mesure 37 mètres de haut.
L'âge d'or du château
L'apogée du château fort proprement dit est le . On le désigne parfois sous l'expression « château roman ».
Loches, Bretagne]]
- La courtine se dote de tours de flanquement à partir de 1160 ; elles sont d'abord rectangulaires, semi-circulaires et enfin circulaires. Elles sont de plus en plus nombreuses et rapprochées. Les tours circulaires résistent mieux aux mangonneaux et ne laissent aucun angle de tir mort. Le donjon voit sa fonction de défense se réduire. Mais il demeure le symbole du pouvoir seigneurial. Il disparaît dans certains cas (Carcassonne). Les bâtiments de la basse-cour se regroupent contre la muraille.
- Le donjon circulaire (comme au Louvre construit sous Philippe Auguste), devient la règle générale après 1150. Le seigneur et sa famille ont tendance à habiter dans un logis plus confortable situé dans l'enceinte.
- Les archères apparaissent fin pour faciliter le tir à l'arbalète.
- Grâce à la fortune des princes, les constructeurs utilisent de plus en plus la pierre. Cependant, le bois est toujours utilisé pour les défenses annexes : barbacanes, lices, bretèches, hourds…
Aménagements du XIII siècle
Enfin, le château fort se dote d'une double enceinte au : les deux remparts dégagent donc un espace intermédiaire appelé « lices ». Des tourelles sont construites pour ne pas laisser d'angles morts. Un chemin de ronde ainsi qu'un fossé plus large et plus profond sont aménagés.
Pour se défendre contre les projectiles incendiaires, les toits sont couverts de plomb, les planchers sont remplacés par des voûtes de pierre. Le plan du château plus resserré et géométrique (carré pour le Louvre). Les princes et les rois font entourer leurs villes d'enceintes : Rouen, Paris, Laon, Aigues-Mortes, Provins, Angers…
- Le développement de l'artillerie à poudre et la disparition des guerres féodales sonneront la fin des châteaux forts.
Fonctions du château fort occidental
Angers]]
Le château et son donjon représentent l'autorité du seigneur ; avec l'émiettement de l'autorité publique au , les seigneurs châtelains se sont rendus maîtres des forteresses ou en ont érigé sans l'aval du roi. Ils choisissent un site en fonction de ses qualités défensives : un éperon rocheux (Château-Gaillard), une colline, une falaise… Le château doit pouvoir surveiller une frontière ou une vallée, un lieu de passage.
Description des fortifications
Les fortifications consistent principalement en un ou plusieurs murs d'enceinte, éventuellement cernés par des fossés ou des douves. Une douve intérieure peut à la fois assurer une protection contre le franchissement et une réserve d'eau en cas de siège. Les murs sont construits assez haut pour qu'un assaillant ne puisse les gravir aisément même à l'aide d'échelles et pour que lancer des projectiles par-dessus soit coûteux. Au sommet des murs court un chemin de ronde, sur lequel des soldats peuvent repousser une attaque en tirant par les créneaux, et assurer leur protection derrière les merlons, fendus d'une meurtrière leur permettant de décocher des traits, ou lancer des projectiles divers par les mâchicoulis. De plus, des tours peuvent être réparties aux angles et sur certaines portions de murs pour en défendre l'accès en réduisant les angles morts des tireurs.
Surveillance
mâchicoulisPour se prémunir d'une attaque surprise, et donc voir arriver l'ennemi de loin, ainsi que pour surveiller le pays environnant, les châteaux sont en général établis sur une hauteur. Pour faciliter la surveillance, des échauguettes étaient construites pour abriter les veilleurs : il s'agit d'une tourelle construite en encorbellement sur une courtine, à un angle de la muraille, ou bien sur une tour. C'est l'ancêtre de la guérite.
Entrée
Les portes d'entrées sont protégées par des herses et éventuellement un pont-levis permettant de franchir les fossés. L'accès principal peut de plus être protégé par une barbacane, petit châtelet, sorte de poste avancé de la fortification.
Le donjon
barbacane]
Le château doit pouvoir résister à un siège qui peut durer longtemps. Grâce au curé d'Ardres (Lambert), nous avons une description précise de ce que pouvait abriter un donjon :
- Rez-de-chaussée : provisions, boissons, fourrage
- 1 étage : salle aulique qui sert aussi de chambre + petites pièces
- 2 étage : chapelle, chambres des enfants, des sergents et des domestiques
- Cuisines dans un bâtiment annexe
- Escaliers qui relient les étages
Au début du Moyen Âge le donjon est la résidence du seigneur et de sa famille, le reste des bâtiments à l'intérieur des remparts est constitué de réserves, granges, étables organisées autour d'une vaste cour souvent appelée basse-cour.
Défense passive
Au centre de ces fortifications, le château proprement dit dispose de zones de réserves de nourriture et de fourrage, voire de parcelles cultivables.
En cas d'attaque, les paysans de la seigneurie et les habitants du bourg castral pouvaient se réfugier à l'intérieur de l'enceinte : voilà pourquoi la basse-cour était immense et comportait un puits.
Le château symbole de pouvoir
- Au temps des invasions scandinaves, les populations s'en remettent à la protection des comtes et des ducs. Le roi carolingien est trop loin et impuissant face au danger. L'insécurité montant, les princes territoriaux font édifier des fortifications et acquièrent de plus en plus d'autonomie face au pouvoir central.
- À partir de la fin du dans le sud de la France, puis au ailleurs, les gardiens des châteaux s'emploient à être de plus en plus indépendants. Ces châtelains réussirent même en de nombreux endroits à se transmettre les châteaux de père en fils et à diriger librement leur petit territoire. Seuls le comte de Flandre et le duc de Normandie, hormis pendant quelques temps de crise de succession, parvinrent néanmoins à garder le contrôle de leur domaine. Le roi de France eut même à combattre certains de ces châtelains de son domaine : le lignage des Puiset en est un exemple.
- Ce pouvoir est surtout symbolisé par le donjon (tour aveugle, souvent ronde, constituant l'abri ultime en cas de siège)
Le château fort, cadre de la vie aristocratique et lieu de sociabilité
Puiset
- chapelle
la chapelle du château est souvent le lieu de culte le plus vivant du village. Un clerc souvent lettré lui est associé. La famille du seigneur y assiste aux différentes messes et cérémonies religieuses. Sa décoration est le moyen pour le seigneur de démontrer sa foi et d'honorer ses ancêtres.
- centre de la seigneurie banale => justice
- centre de la seigneurie féodale => cour, justice féodale, cérémonies (adoubement, hommage), fêtes et banquets
- centre de la seigneurie foncière => lieu où arrivent les redevances
Liste des châteaux forts
- En France
- Aigues-Mortes
- Beynac
- Bonaguil
- Carcassonne « château cathare »
- Castelnaud
- Coucy
- Château de Fougères (très bien conservé)
- Château d'Ivry-la-Bataille
- Château-Gaillard
- Château de Gavaudun
- Château de Bonaguil (Château militaire du )
- Château de Culan (château militaire)
- Château du Haut-Kœnigsbourg à Orschwiller (Bas-Rhin) construit au
- Château de Larroque-Toirac
- Château de Lusignan (sans doute un des plus grands châteaux forts contruits en France actuellement peu de restes : parc de Blossac)
- Montségur « château cathare »
- Najac « forteresse royale »
- Pierrefonds
- Roquetaillade
- Château de Salm
- Château de Sarzay
- Château de Saumur
- Vincennes
- Vitré
- En Belgique
- Bouillon
- Château des comtes de Flandres, Gand
- Le Reinhardstein ou Burg Metternich à Waimes
- En Scandinavie
- Fort de Bohus à Kungälv (Suède)
- Fort de Carlsten à Marstrand (Suède)
- Château de Kalmar (Suède)
- Château de Gripsholm (Suède]]
- Château de Savonlinna (Finlande)
- Forteresse d'Akershus à Oslo (Norvège), a aujourd'hui un aspect Renaissance
Liens
- Wikipédia en anglais propose une très belle série de photographies libres de droit : Images of castles
-
Renaissance : période de l'histoireLa Renaissance est la période de l'Histoire qui commence, d'un point de vue académique français, après la fin du Moyen Âge, en 1492 et se termine à la mort de Charles Quint en 1558. Le terme a été inventé en 1860 par l'historien de l'art suisse Jacob Burckhardt (1818-1897) dans son livre Civilisation de la Renaissance en Italie.
Le concept de Renaissance est très problématique. Certains auteurs lui donnent une extension temporelle très longue, d'autres très courte ; d'autres enfin vont jusqu'à mettre en doute sa pertinence. Au sujet de ce débat, voir, par exemple, Paul Oskar Kristeller (1905-1999).
Durant la Renaissance, on s'intéressa de nouveau à l'Antiquité grecque et romaine, ce qui accompagna le mouvement intellectuel de l'humanisme ; ce mouvement eut comme source l'Italie, en particulier dans la région de Toscane sous le règne des Médicis.
dans les arts en général
On distingue habituellement dans ce mouvement artistique plusieurs écoles.
en littérature
L'appellation « Renaissance » est ici aussi problématique : après tout, la littérature n'était pas morte et l'Âge d'or (1530-1560) est finalement assez court et évolue très rapidement vers le Baroque.
La poésie compose alors un ensemble assez polymorphe et disparate. D'un côté quelques formes médiévales subsistent - que l'on songe notamment à Marot utilisant les formes du rondeau, de la ballade de l'épître, formes qui tombent en désuétude avec la Pléiade. Parallèlement, de nouvelles formes apparaissent telles que l'ode, le sonnet, l'élégie, le discours ou l'églogue mais aussi d'autres plus longues telles que les longs poèmes cosmologiques de Scève, les Hymnes de Ronsard qui concentrent sur un thème l'ensemble des savoirs et les poèmes dramatiques (qu'ils soient comiques ou tragiques).
Pour autant cette distinction par formes n'est pas toujours évidente, encore moins pertinente et les arguments permettent tout aussi bien de discriminer la poésie de la Renaissance :
- Héroïques : peu de réalisation.
- Satiriques : sur la base des poètes latins, ces œuvres visent la condamnation des vices.
- Tragiques.
- Comiques : ayant pour modèle Plaute et Térence, les poètes ridiculisent les défauts de toujours (avarice...) et certains acteurs de la société (courtisanes...).
- Lyriques avec pour sujets l'amour, le vin, les joutes... dans une imitation d'Horace ou Théocrite.
- Poésie d'épanchements amoureux et religieux sur le modèle de Pétrarque notamment.
- Poésie religieuse.
Les formes permettent un classement d'autant moins pertinent qu'un recueil est alors souvent composé avec différents genres et différents registres.
La poésie demeure le genre dominant, produit de la Divine fureur (la furor) envoyée par les Muses. Pontus de Thiard distingue d'ailleurs quatre fureurs divines : la fureur poétique (don des muses), l'intelligence des mystères et religions inspirée par Bacchus, la divination (don d'Apollon) et enfin la passion amoureuse inspirée par Vénus.
Voir aussi
Articles connexes
- Génériques : Histoire, histoire de l'Italie, histoire des Pays Allemands, ;
- Spécifiques : histoire des sciences et techniques, histoire de l'architecture, histoire de l'urbanisme, Réforme, théâtre à la Renaissance, musique de la Renaissance, danse de la Renaissance.
Bibliographie
- P. Burke, La Renaissance européenne, Seuil, coll. « Points Histoire », 2002 ;
- J. Burckhardt, La Civilisation de la Renaissance en Italie, t. I & II, Denoël, 1981 ;
- J. Delumeau :
- La Civilisation de la Renaissance, Arthaud, coll. « Grandes civilisations », 1993 ;
- Une histoire de la Renaissance, Perrin, 1999 ;
- E. Garin (s. dir.), L'Homme de la Renaissance, Seuil, coll. « Points Histoire », 2002 ;
- J.-P. Poussou, C. Callard, O. Chaline, Y. Lignereux, A. Tallon, La Renaissance. Enjeux historiographiques, méthodologie, bibliographie commentée, Armand Colin, Paris, 2002.
- Bertrand Gille, Les ingénieurs de la Renaissance, Thèse Histoire, Paris, 1960. Seuil, coll. « Points Sciences» 1978
Liens internes
Liens externes
- [http://www.musee-renaissance.fr/ Musée national de la Renaissance] à Écouen
- [http://www.grandspeintres.com/renaissance site des Grands Peintres] - Renaissance
Catégorie:Mouvement culturel
Catégorie:Histoire de l'Europe
ko:르네상스 ja:ルネサンス nb:Renessansen
France
La France est un pays dont le territoire métropolitain est situé en Europe occidentale. Elle est membre de l'Union européenne, ainsi que de la zone euro et de l'espace Schengen. Elle est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.
Historiquement et constitutionnellement, les valeurs qu'elle défend et auxquelles elle est très attachée se fondent sur les Droits de l'Homme.
Militairement, elle est membre de l'OTAN (elle s'est retirée en 1966 de l'organisation militaire intégrée pour y revenir partiellement en 2002) et dispose de la dissuasion nucléaire.
Géographie
Articles détaillés : Géographie de la France ~ Environnement en France
Environnement en FranceSi la France métropolitaine est localisée en Europe occidentale, la France possède aussi des territoires en Amérique du Nord, dans les Antilles, en Amérique du Sud, dans l'Océan Indien, dans le nord et le sud de l'Océan Pacifique, et en Antartique.
Histoire
Article détaillé : Histoire de France
La France actuelle occupe la majeure partie des anciennes Gaules celtiques, puis romaines, mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique qui se forma tardivement et s'installa sur les terres de l'Empire romain.
La majeure partie des régions constituant la France actuelle fut unifiée sous Clovis en 507 (réunion sous la domination franque, ou regnum francorum, des Alamans, des Burgondes et des Wisigoths au nord des Pyrénées). Ce « royaume des Francs » que l'on appelait encore la Gaule garda conscience de son unité et de sa romanité culturelle. Mais il fut partagé puis réuni à de multiples reprises au gré des héritages de la dynastie des Mérovingiens. Les parties de ce royaume s'appelaient Neustrie (Paris), Austrasie (Metz), Bourgogne (Chalon), Aquitaine (Toulouse).
Une deuxième dynastie franque, celle des Carolingiens, supplanta la précédente au milieu du et étendit considérablement le royaume des Francs, bientôt érigé en Empire. Après la mort de Charlemagne, l'empire des Francs fut partagé en trois : la Francia orientalis (à l'est), la Francia occidentalis (à l'ouest) et entre les deux l'éphémère Lotharingie. La partie orientale correspondait à ce qui devint plus tard l'Allemagne et la partie occidentale, à la France. C'est de 842, avec les serments de Strasbourg passés entre les petits-fils de Charlemagne, que date la source la plus ancienne attestant l'usage de deux langues différentes de part et d'autre du Rhin (le tudesque et le roman). Ce texte a donc souvent été présenté comme l'acte fondateur de la France (et de l'Allemagne).
Les descendants de Charlemagne — les Carolingiens — régnèrent sur les territoires correspondant à la France jusqu'en 987, date à laquelle le duc Hugues Capet fut couronné roi de France et fonda une nouvelle dynastie. Les descendants de ce dernier, les Capétiens, étendirent progressivement le domaine royal, consolidèrent l'État français à partir de la fin du et régnèrent sur la France jusqu'en 1792, lorsque Louis XVI fut déposé lors de la Révolution française, et durant un intermède de trente ans, de 1814 à 1848.
À la suite de la Révolution de 1789, la monarchie absolue fut renversée et la monarchie parlementaire fut mise en place les 3 et 14 septembre 1791 mais le 10 août 1792, celle-ci fut renversée.
La première République fut proclamée le 24 juin 1793 par la Constitution de l'an I mais celle-ci ne fut jamais mise en pratique. Le pouvoir était en réalité détenu par un gouvernement révolutionnaire. Le 22 août 1795 la Constitution de l'an III est promulguée, c'est le Directoire. Puis, le 13 décembre 1799, la Constitution de l'an VIII est promulguée instaurant le Consulat et une confusion des pouvoirs. Elle est suivi le 18 mai 1804 de celle de l'an XII, mettant en place le premier Empire. Sous le Premier Empire, la France contrôla brièvement la majeure partie de l'Europe mais s'épuisa dans sa lutte contre le Royaume-Uni, la Prusse, l'Autriche et la Russie.
À la fin du premier Empire, en 1814, la monarchie est rétablie avec la Charte du 4 juin 1814. Napoléon I revient au pouvoir d'avril à juin 1815 mais après cette période de Cent-Jours le roi, Louis XVIII, est réinstallé définitivement sur son trône. Le 14 août 1830, à la suite de la révolution des Trois Glorieuses, qui eut lieu les 27, 28 et 29 juillet 1830, une nouvelle Charte est promulguée.
En 1848, la monarchie est une nouvelle fois renversée et la deuxième République est promulguée le 4 novembre. C'est un régime présidentiel qui est instauré.
Le 2 décembre 1851, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, commet un coup d'État. Le 14 janvier 1852, il se fait nommer empereur sous le nom de Napoléon III. Sous le Second Empire, le pays connut les débuts de la deuxième industrialisation. Le Second Empire se termine en 1870 après la défaite, à Sedan, de la France contre la Prusse.
De mai à septembre 1870 c'est un retour au régime parlementaire.
En février 1871 est promulguée la troisième République. Celle-ci est un régime d'assemblée jusqu'aux lois constitutionnelles des 24-25 février et 16 juillet 1875. À la suite de ces trois lois constitutionnelles est mis en place un régime parlementaire orléaniste. Sous la Troisième République, la France possédait un vaste empire colonial (ouest de l'Afrique-Indochine). La III République prend fin le 10 juillet 1940 après le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci met en place les actes constitutionnels jusqu'en 1944.
Sortie victorieuse mais au prix de souffrances démographiques et économiques immenses de la Première, puis de la Seconde Guerre mondiale, la France a ensuite la chance de se trouver du côté ouest du rideau de fer pour bénéficier de l'expansion des Trente glorieuses.
À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la quatrième République est promulguée le 27 octobre 1946 mais celle-ci n'arrive pas à faire face à la décolonisation de l'Indochine et de l'Algérie principalement.
La constitution de la V République, rédigée sous l'influence de Charles de Gaulle et de Michel Debré, est adoptée 4 octobre 1958. Elle met en place une république semi-parlementaire qui s'avère mieux résister aux instabilités que les républiques parlementaires précédentes.
Depuis les années 1960, la réconciliation, puis la coopération avec l'Allemagne ont permis à la France de jouer un rôle de moteur dans la construction européenne, notamment avec la Communauté économique européenne. Aujourd'hui, elle est l'un des principaux pays de l'Union européenne, partisane d'une Europe politique forte.
Politique
Article détaillé : Politique de la France
La France est une République démocratique à régime semi-présidentiel.
Avant 1962, le Président de la République française était élu au suffrage universel indirect par un collège électoral élargi. Celui-ci était élargi pour éviter la prépondérance du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif qui s'était produit sous IV République et qui avait provoqué le blocage des institutions. En novembre 1962, le président de la République a demandé par référendum qu'il soit élu au suffrage universel direct, en utilisant l'article 11 de la Constitution et non l'article 89 de celle-ci. L'article 11 permet de soumettre au référendum des lois sur les pouvoirs publics, sur l'organisation des institutions ou encore sur les traités internationaux tandis que l'article 89 permet de soumettre une révision constitutionnelle au peuple mais après l'accord du Parlement réuni en Congrés. Ce choix a entrainé le renversement du gouvernement Pompidou par une motion de censure. Cette motion de censure est la seule de la V République à avoir réussi.
Dans la Constitution de la V République, le pouvoir exécutif est renforcé au détriment du pouvoir législatif.
Le président a acquis des pouvoirs propres tels que le droit de dissolution de l'Assemblée nationale (article 12 de la Constitution), le droit de soumettre au peuple un référendum (article 11 de la Constitution), le pouvoir de nommer le Premier ministre (article 8 de la Constitution) ou encore le droit de message au Parlement (article 18 de la Constitution).
En ce qui concerne le gouvernement, celui-ci détermine et mène la politique de la nation. Il dispose également du pouvoir réglementaire lui permettant de faire adopter des lois. Il fixe également les 3/4 des ordres du jour à l'Assemblée Nationale.
Depuis la réforme constitutionnelle de 2002, le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il nomme le Premier ministre.
Le Parlement est constitué de l'Assemblée nationale, réunissant 577 députés, et du Sénat, comprenant actuellement 331 sénateurs (346 en 2010) élus pour six ans au suffrage indirect et renouvelé de moitié tous les trois ans (à partir de 2010). Les Français de l'étranger voient leurs intérêt défendus auprès du Parlement par l'Assemblée des Français de l'Étranger.
center
Voir aussi : Liste des présidents de la République française
Économie
Article détaillé : Économie de la France
La France est la 4 puissance économique mondiale, derrière les États-Unis, le Japon et l'Allemagne avec un PIB de 2450 milliards de dollars (valeur 2004 au prix et taux de change courants). Ce montant est très proche de celui de la Grande-Bretagne (2124,5 milliards de dollars) qui est juste derrière en 5 ème place, le classement variant selon les taux de change entre le dollar, l'euro et la livre sterling. Toutefois, son rang européen pour le PIB par habitant n'est que 9 sur 15 d'après Eurostat, l'organe officiel des statistiques européennes.
Elle est le quatrième exportateur mondial, le premier pour les services, le second pour les produits agricoles et agro-alimentaires, derrière les Etats-Unis. Elle est la première destination touristique mondiale avec plus de 80 millions de visiteurs par an.
L'économie française est principalement une économie de services, que certains estiment en voie de désindustrialisation. Le secteur tertiaire occupe 72 % de la population active, tandis que le secteur primaire (agriculture, pêche) n'en représente plus que 4 % et le secteur secondaire (industrie) 24 %.
Le taux de chômage a progressé de 0,9 % en janvier 2005 pour s'établir à 2,716 millions de demandeurs d'emploi (10 % de la population active). Ce chômage structurel est l'un des plus élevés d'Europe, alors que depuis 30 ans ce problème est officiellement la priorité gouvernementale quel que soit le parti au pouvoir. Le chômage touche particulièrement les Français d'origine étrangère.
Le déficit commercial pour avril 2005 est de 3,2 milliards d'euros. Entre avril 2004 et avril 2005, il représente 17,4 milliards d'euros (source : Le Monde, 10 juin 2005).
La dette publique selon les critères de Maastrichts se monte à 1066 milliards d'euros pour 2004 soit 67 % du PIB et le déficit annuel à 3,0 % du PIB. Selon les nouvelles normes comptables internationales qui imposent de retraiter tous les engagements hors bilan comme de la dette présente, elle serait de 2 000 milliards d'euros.
Le déficit budgétaire français se creuse en avril 2005 : les dépenses ont augmenté et s'établissent à 108,08 milliards d'euros ; les recettes ont diminué à 77,520 milliards d'euros. D'après le ministère des finances, le déficit s'établit à 42,250 milliards d'euros en avril 2005.
Voir aussi : Liste des grandes entreprises françaises
Démographie
Article détaillé : Démographie de la France
Démographie de la France (chiffres de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.]]
Religion
Voir aussi : :Catégorie:Religion et mouvement religieux en France
- Par principe, l'État s'interdit en France les recensements à caractère religieux. L'une des études faisant foi dans ce domaine est celle menée tous les trois ans par l'institut CSA. En 2004, l'enquête sur un échantillon de 18 068 personnes, indique que 27 % des Français se déclarent athées et 64,3 % catholiques (69 % en 2001), soit environ 30 millions d'adultes contre seulement 4 millions d'adultes pour toutes les autres religions. La majorité de ceux qui se déclarent catholiques ne sont pas pratiquants.
- Un sondage IFOP d'avril 2004 indique que 44 % des Français déclarent ne pas croire en Dieu. Il n'étaient que 20 % en 1947.
Culture
Articles détaillés : Culture de la France ~ Langues régionales
|+ Fêtes et jours fériés
! Date !! Nom !! Remarques
|-
|
| Jour de l'an
| Sainte Marie, mère de Dieu et reine du monde (Circoncision de Jésus-Christ, avant le Concile Vatican II)
|-
| Lundi suivant le dimanche de Pâques.
| Lundi de Pâques
| Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps.
|-----
| || Fête du Travail
| Traditionnellement le jour de nombreuses manifestations syndicales et politiques en France
|-
| 8 mai
| Commémoration de la capitulation allemande en 1945
| Commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
|-----
| Jeudi 40 jours après Pâques || Ascension
| Jésus ayant rassemblé ses fidèles rejoint son père aux cieux
|-
| Septième dimanche après Pâques et le lundi suivant.
| Pentecôte (et Lundi de Pentecôte)
| Descente du Saint-Esprit parmi les apôtres.
Même si cette journée est encore reconnue comme fériée, le Lundi de Pentecôte a été choisi (sauf arrêté ou arrangement salarial) comme journée de solidarité et est donc depuis 2005 considéré comme travaillé (sans rémunération)
|-----
| 14 juillet || Fête nationale
| Commémoration de la prise de la Bastille en 1789 et de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790.
|-
| 15 août || Assomption
| Transport au ciel de la très sainte Vierge Marie
|-----
|
| Toussaint || Fête de tous les saints
|-
| 11 novembre
| Commémoration de l'armistice de 1918
| Commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale
|-----
| 25 décembre || Noël || Naissance de Jésus-Christ
|-----
| 26 décembre || Saint Étienne|| Jours fériés supplémentaires spécifiques aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin
|-
| Avant-veille de Pâques || Vendredi saint
| rowspan="2" | Jours fériés supplémentaires spécifiques aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin
|{{{{{{e{Commons|Category:France|la France{wikiquote|France{wikitravel|la France|France{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{en{fr{fr{Pays d'Europe (UE){Portail France
Moyen Âge
Le Moyen Âge occidental est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge en 476, à la déposition du dernier empereur romain d'Occident par un chef barbare et il s'achève en 1453, avec la prise de Constantinople et la chute de l'Empire romain d'Orient, ou en 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la fin de la Reconquista en Espagne.
Le terme « Moyen Âge » a été inventé par Flavio Biondo de Forlì.
En français, l'adjectif correspondant à Moyen Âge est médiéval. Moyenâgeux, quant à lui, est péjoratif. L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ».
péjoratif
Précisions lexicales
Les limites exactes du Moyen Âge font l'objet de débats entre historiens.
Les différentes périodes de l’Histoire ont eu des significations précises et pleines de sens à un moment donné, mais qui, au fil du temps, sont devenues des conventions.
Le terme « Moyen Âge » provient d’une expression latine « medium aeuum » qui désigne une période intermédiaire entre deux événements. Exemples : entre-deux-guerres, interrègne. Cette expression classique est reprise au par les humanistes et notamment par Pétrarque (« prince des humanistes ») en 1373. Elle possède à ce moment deux significations :
- Acception philosophique désignant une opposition entre le latin classique et le médio latin, le latin du Moyen Âge. Ce dernier doit être rejeté pour revenir au latin de l’Antiquité, qui, lui, est plus pur.
- Sens culturel et artistique désignant une opposition entre l’art antique et celui du Moyen Âge, art appelé au « art gothique ».
Pour les humanistes, le Moyen Âge est une période barbare entre deux autres périodes d’Antiquité. Ils préconisent la pureté antique.
La diffusion de ce terme est assez lente et se fait dans un premier temps chez les intellectuels, car il est en latin. Par après, il perdra progressivement de sa connotation négative.
Au (vers 1640), le terme sera employé en français et il sera dès lors grandement diffusé. En 1687, Christophe Keller est le premier à périodiser l’histoire dans son petit manuel d’histoire, Histoire du Moyen Âge depuis le temps de Constantin le Grand jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs donc, du au . Pour lui, le terme n’a aucune connotation négative.
Au , il se répand dans toute l’Europe cultivée. En 1798, il entre dans le dictionnaire de l'Académie française sous la définition « temps qui s’est écoulé depuis Constantin jusqu’à la renaissance des Lettres au ».
Au , il se répand partout même dans la langue commune pour plusieurs raisons :
- l'installation de l’enseignement primaire obligatoire ;
- le développement du romantisme ;
- le développement de la philosophie et de l’Histoire dans les universités, principalement en Allemagne : Monumenta Germaniae Historia. Le est couramment appelé « siècle de l’Histoire ». Notre notion de critique historique est le fruit d’une démarche allemande.
Au , l’engouement pour le Moyen Âge diminue.
Ce terme a été exporté des frontières de l’Europe et désigne actuellement une période dans la vie d’une société, à savoir un certain degré de société caractérisé par une société agraire dominée par une caste de guerriers. Par exemple, au Japon, la culture de riz dirigée par les samouraïs, eux-mêmes dirigés par les shoguns jusqu’au milieu du où commence l’ère Meiji.
Quelles limites pour le Moyen Âge ?
Limites extrêmes
ère Meiji]
Afin de découper l'histoire en périodes cohérentes, les historiens ont tenté de s'appuyer sur des événements majeurs illustrant ou provoquant une modification profonde de la politique et de la société. Mais il est rare qu'il y ait un consensus sur telle ou telle date pour définir une limite de période.
C'est le cas en ce qui concerne les limites du Moyen Âge, particulièrement son commencement. Les plus communément admises vont de la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, jusqu'à 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la chute de Grenade (fin de la Reconquista).
Mais d'autres dates repères sont possibles, pour le début du Moyen Âge :
- le déménagement de la capitale de l'Empire romain de Rome à Constantinople (330) marque le début de sa division ;
- la conversion de l'empereur Constantin I au christianisme — survenue à sa mort, en 337 – annonce le triomphe de cette religion aux dépends du paganisme antique ;
- la bataille d'Andrinople (378) sanctionne l'avènement de la cavalerie lourde et le déclin des troupes d'infanterie, marquant ainsi le commencement d'un millénaire de supériorité de la cavalerie sur l'infanterie ;
- la reconnaissance par Théodose du christianisme comme religion d'État (396), qui correspond également à la date de la séparation entre l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient, qui survit au Moyen Âge ;
- le sac de Rome par les Wisigoths d'Alaric Ier (410) marque la supériorité des envahisseurs barbares.
envahisseurs barbares]
Ces différentes options indiquent combien une césure événementielle claire est difficile à trouver pour marquer le début du Moyen Âge : par certains traits, l'Empire romain avait déjà fortement changé avant la fin de l'Antiquité. Par exemple, les empereurs du abandonnent la toge et les tuniques classiques, adoptant les braies des légionnaires, majoritairement d'origine celte ou germanique. C'est également au que l'amphore est abandonnée pour le tonneau, bien plus économique. Enfin, c'est à cette époque que nombre de peuples barbares deviennent fédérés, établissant des relations durables avec le monde romain. L'Empire romain avait donc déjà perdu certains caractères antiques.
L'unité politique, monétaire, linguistique et culturelle du monde romain sur le grand territoire que représente la Méditerranée a subi trois disloquations:
# sur l'axe Est-Ouest, puisque la division d'abord uniquement administrative de l'Orient et de l'Occident est devenue très politique;
# sur l'axe Nord-Sud, puisque les Vandales, puis les Arabes conquièrent l'Afrique du Nord;
# interne, puisque l'Europe se scinde en plusieurs entités nationales.
Aussi, certains historiens – en premier lieu l'historien allemand A. Riegl au début du – ont repoussé la limite d'une période dénommée « Antiquité tardive » (Spätantike), en mettant justement l'accent sur la permanence de traits caractéristiques de la fin de l'Antiquité jusqu'au règne de Charlemagne. Une telle conception s'est d'abord imposée chez les historiens des « franges » du monde romain, où sa pertinence était plus évidente. À l'inverse, en France, il fallut attendre 1977 avec Henri-Irénée Marrou (dans Décadence romaine ou Antiquité tardive ?) pour qu'on s'interroge sur l'utilité d'une telle période, notamment pour mettre fin à l'appellation péjorative de « Bas Empire ». Et aujourd'hui encore, histoire ancienne et médiévale se partagent la connaissance des temps qui vont du au .
Pour la fin du Moyen Âge, d'autres dates que 1492 ont été proposées, mais fondamentalement elles ne remettent pas en cause la limite supérieure de la période :
- la chute de Constantinople (1453), qui est la fin de l'Empire byzantin et l'entrée de l'empire ottoman (turc) sur l'échiquier européen (utilisée en histoire de l'art surtout) ;
- l'invention de l'imprimerie à caractères métalliques mobiles par Gutenberg (1456), dont aurait découlé une révolution culturelle selon Marshall McLuhan dans La Galaxie de Gutenberg (privilégiée par l'historiographie allemande)
- la promulgation par Martin Luther de ses 95 thèses (1517), qui marque les débuts de la Réforme qui fera voler en éclats la relative unité religieuse de l'Occident médiéval.
La fin du Moyen Âge est également marquée par l'instauration d'États ultra-centralisés gouvernés par les grandes monarchies:
;France: François I (1515-1547)
;Espagne: Charles Quint (1515-1555)
;Angleterre: Henri VIII (1509-1547)
;Empire ottoman: Soliman le Magnifique (1520-1566)
Découpages internes
Soliman le Magnifique]
Le Moyen Âge est traditionnellement subdivisé entre Haut Moyen Âge et Bas Moyen Âge. Cependant, les historiens proposent d'autres découpages :
- Régine Pernoud (1) : Le Haut Moyen Âge (de la chute de l'Empire romain à Charlemagne), l'époque carolingienne, l'âge féodal (milieu du à la fin du ) et le Moyen Âge pour les et s.
- Jacques Le Goff (2) : L'Antiquité tardive (jusqu'au ), le Moyen Âge central (An Mil-1348, la Grande Peste) et le Moyen Âge tardif (guerre de Cent Ans-Réforme).
- Ivan Gobry (3) distingue le Moyen Âge ancien (du au ), pendant lequel les peuples se déplacent ainsi que les frontières. C'est aussi la période d'expansion des Francs, avec l'apogée de l'empire de Charlemagne (800-814). Puis arrive le Moyen Âge récent ( au ) au cours duquel ont lieu la Reconquista en Espagne, la constitution puis l'effondrement de l'État Plantagenêt et l'affirmation de la dynastie capétienne.
- Robert Fossier (4) : Les Mondes Nouveaux (350-950), l'Eveil de L'Europe (950-1250) où les influences du monde byzantin et musulman demeure prépondérant dans l'occident chrétien qui se cherche et qui construit la féodalité , puis Le Temps des Crises (1250-1520) de la perte des possessions en Terre Sainte aux Guerres de Religions en passant par la conquête du Nouveau Monde.
Il en ressort que l'appréciation de ces limites est fortement liée aux références géographiques ou thématiques de l'historien.
Cependant, la distinction d'une période centrale qui s'étendrait des environs de 1000 jusqu'à la grande épidémie de peste en 1348 paraît pertinente en raison de la permanence de traits de civilisation majeurs et de l'avènement d'une société fortement structurée, prospère et en expansion dans l'Occident d'alors. L'expression « civilisation médiévale » (s'agissant de l'Occident et sans autre précision) correspond à cette période.
Voir aussi : Antiquité tardive
Principales caractéristiques de l'Occident médiéval
Antiquité tardive
La royauté médiévale
À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple. Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi des Francs à partir de 752). Et surtout, le roi du Moyen Âge gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque.
La vassalité
pape]]
La vassalité existait déjà pendant le Haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du .
La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève. Le jeune vassal reçoit un legs (le plus souvent une terre ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple). Il jure, sur les saintes écritures ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.
Les progrès techniques
- Le moulin hydraulique se répand dans l'Occident médiéval dès l'époque carolingienne.
- L'introduction de la jachère, puis l'assolement triennal permettent d'accroître la productivité de l'agriculture.
- Les rendements s'améliorent à partir de 1000 grâce à la diffusion d'outils en fer et à l'essor de la charrue.
- La technique d'attelage : le collier d'épaules remplace le « collier de cou » et permet de tirer des charges plus lourdes.
La ville
charrue
- La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles.
- La civilisation urbaine (mise à mal durant l'Antiquité tardive) connaît un nouvel essor au Moyen Âge central. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste).
- Les villes deviennent des centres de production et connaissent l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie ; auparavant, les villae (grands domaines ruraux) jouaient ce rôle (de l'Antiquité jusqu'à la fin de la période carolingienne).
L'éducation et la culture
- Au temps de Charlemagne (mort en 814), la renaissance carolingienne entend restaurer le latin classique. L'abbaye de Saint-Martin de Tours constitue l'un des foyers de cette renaissance, et grâce à l'action d'Alcuin. La caroline est mise au point pour faciliter l'écriture. L'empereur s'attache à réformer les écoles. On y apprend les arts libéraux.
- Les monastères sont pendant longtemps les dépositaires de la culture écrite au Moyen Âge. La règle bénédictine impose en effet aux moines le travail intellectuel : les copistes travaillent à la production des livres dans les scriptoria. Les écoles monastiques sont cependant concurrencées par les écoles épiscopales au , puis par les universités au . Voir l'article détaillé : Éducation au Moyen Âge.
- Dès le , la scolarisation des enfants se développe dans les villes, y compris celle des filles (auparavant l'enseignement était réservé aux clercs).
Éducation au Moyen Âge
La guerre
Éducation au Moyen Âge
- Le Moyen Âge central est l'âge de la chevalerie, marqué par la supériorité de la cavalerie sur l'infanterie. Le service armé, appelé ost, fait partie des obligations du vassal envers son seigneur.
- À la fin du Moyen Âge, les armes de tir (arc long anglais, puis armes à feu) annoncent la fin de la chevalerie.
- Les premiers châteaux forts en pierre apparaissent à la fin du . Un grand nombre de villes médiévales sont entourées de remparts (Paris, Rouen, Carcassonne).
L'art
- L'art médiéval est essentiellement un art religieux : aux églises romanes succèdent les grands chantiers des cathédrales gothiques.
- L'art des manuscrits s'est aussi développé durant le Moyen Âge avec des enluminures et des miniatures en marge des textes sacrés ou liturgiques.
- Voir aussi : mobilier médiéval
La religion chrétienne
Le christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle l'idéologie de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de la chrétienté.
Devenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome. La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — lÉglise en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife.
Cette évolution est lente (V – ) et se heurte à de nombreux obstacles :
- en premier lieu, à des résistances internes : les dogmes de l'Église catholique, formulés lors des conciles, se définissent progressivement et doivent triompher des hérésies (l'arianisme des Wisigoths demeure la foi des rois de la péninsule ibérique jusqu'au ; celui des Lombards menace un temps — jusqu'au milieu du — Rome de disparition). Bientôt, le christianisme romain doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste ( 726 – 843). Au , la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin au problème. Presque aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les Slaves qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.
- Des résistances externes s'opposent à l'influence de la papauté, parce que les pouvoirs laïcs entendent s'immiscer dans les affaires de l'Église et diriger celle-ci dans leur aire d'influence : les rois lombards, tout d'abord, veulent soumettre l'Église romaine. Aussi, le pape fait appel aux Carolingiens (milieu du ), mais ces derniers, comme leurs prédécesseurs, ne se privent pas pour distribuer les terres de l'Église à des laïcs. Lorsque l'Empire chrétien renaît en occident (800), le rapport entre les pouvoirs de l'Empereur et du pape ne sont pas définis autrement qu'en termes de rapport d'influences. Il tourne dans un premier temps au détriment de la papauté, alors que l'Église, mais aussi le pouvoir impérial traverse à tous points de vue une crise grave, au , et il faut attendre la réforme grégorienne (seconde moitié du – premier tiers du ) pour que le pape n'affronte l'Empereur germanique, lors de la querelle des Investitures. Cette dernière, qui s'achève sur un compromis, est déterminante pour assurer l'indépendance du siège apostolique. Au , enfin, la papauté triomphe, grâce à son arme principale : l'excommunication, à son rôle dans l'essor de la chrétienté, à travers la croisade, mais aussi grâce à son pouvoir temporel et grâce à ses richesses. Le pape Innocent III applique lors de son « règne » ((1198 – 1216)) les principes de la théocratie pontificale, qu'avaient formulés pour la première fois les Dictatus Papae (1075).
L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge.
Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence.
Au haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens — comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496) — mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier. Elles sont le plus souvent l'œuvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise.
À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé épiscopal est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée.
Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, trêve de Dieu), la simonie, le nicolaïsme, et enfin contre les hérésies.
Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le Catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (1369 – 1415), etc. À partir du , la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains.
Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du ), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (1227 – 1241), aux guerres hussites, etc.
Enfin, un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illétrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques. Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au , y sont conservées et pénétrées par le christianisme.
À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au , les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion. L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge ( – ) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté.
Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État.
La société
La société du haut Moyen Âge est essentiellement rurale et caractérisée à tous les niveaux par l'existence de liens de dépendances personnelles. Ces derniers, qui se sont substitués à l'ordre public, prolongent pour une part le clientélisme antique et relèvent d'autre part d'une conception chrétienne nouvelle de l'ordre social.
Notamment, l'esclavage est interdit par l'Église : le servage occupe la place qu'il laisse vacante et le même mot qui désignait l'esclave antique (servus) désigne à travers le serf médiéval des conditions sociales très différentes. Notamment, le serf n'est pas juridiquement un bien meuble, propriété de son maître, mais un homme dépendant d'un seigneur.
Aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale, les relations entre les hommes libres sont caractérisées par les liens de vassalité : le vassal doit aide et conseil (auxilium et consilium) à son suzerain, c'est-à-dire à l'homme auquel il a prêté serment de fidélité.
De tels liens impliquent un certain nombre de devoirs, au nombre desquels le plus important est, à l'origine (sur le modèle carolingien du ), le service militaire dû au suzerain (l'ost) : les chevaliers (milites) sont des nobles.
En parallèle, le vassal reçoit quant à lui un fief (beneficium) de son suzerain : il s'agit le plus souvent du droit de jouir d'une terre, mais parfois, plus souvent à la fin du Moyen Âge, d'une bourse ou d'une rente.
Le fief, dont les lointaines origines se trouvent dans les charges ou honneurs conférés par le souverain carolingien à ses compagnons d'armes, tend à devenir héréditaire au .
Ces liens de dépendances ont pour conséquence principale une forte hiérarchisation sociale. Différents critères divisent également la société médiévale :
- d'ordre moral ; selon les conceptions du clergé, la société idéale est composée de trois ordres qui se distinguent par le mode de vie : les moines, les clercs et le reste des laïcs. Au sein de ces derniers, l'Église distingue encore ceux qui sont mariés de ceux qui sont vierges.
- D'ordre fonctionnel ; à la précédente division se superpose du jusqu'au une autre division tripartite : elle rassemble le clergé et les moines : « ceux qui prient » (oratores), la noblesse (nobiles) : ceux qui combattent (bellatores, pugnatores) et le peuple : « ceux qui travaillent » (laboratores).
:Avec l'essor urbain, à partir du , une nouvelle classe, la bourgeoisie, se développe au sein du peuple : elle tire son nom des « bourgs » nouvellement créés, où vivent ses membres, et rassemble essentiellement les riches artisans (notamment les bouchers) et des rentiers.
- D'ordre juridique ; les seigneurs (domini) se caractérisent par le fait qu'ils détiennent le « pouvoir de juger et de contraindre » (le pouvoir banal, ou ban) les hommes de leur seigneurie (le terme désigne à la fois le pouvoir lui-même et le lieu ou les personnes auxquels il s'applique). S'y attachent un certain nombre de privilèges : le droit de lever l'impôt directement (la taille), d'exiger des corvées, le droit de moudre le grain et de cuire le pain, le droit de péage, etc. Les seigneurs ne doivent pas être confondus avec la noblesse : les abbayes et l'Église constituent également de grandes seigneuries (voir seigneurie ecclésiastique).
:Au sein du peuple, dans les campagnes, les hommes libres qui exploitent un alleu ou une tenure (terre attribuée contre un loyer) coexistent avec les serfs (servi) : la dépendance juridique, sociale et économique de ces derniers par rapport à leur seigneur possède un caractère héréditaire (servage personnel), ou bien ce caractère est lié à la terre qu'ils exploitent (servage réel).
:Toutefois, les contraintes exactes qui pèsent sur les hommes de la seigneurie varient selon la région et selon l'époque considérées.
:Au départ expression d'un lien personnel très fort entre Loire et Rhin, le servage y devient progressivement le signe d'une condition sociale inférieure.
:À partir du , des chartes de franchises octroyées aux villageois permettent la constitution de ces derniers en « commune » et l'accession de serfs au statut d'hommes libres. Ce phénomène s'explique d'abord par de nouveaux défrichements (fondation d'essarts, de bastides, etc.), pour lesquels les seigneurs ont besoin de bras, quitte à renoncer à une partie de leur ban. Il touche en premier lieu les grands centres de peuplement, puis les villages voisins.
- D'ordre économique ; avec l'affaiblissement des derniers Carolingiens, les princes se sont accaparés la majorité des terres. Aussi, à la fin du , le roi est moins riche que les grands féodaux qui entretiennent de nombreux vassaux et frappent leur monnaie. À la fin de la période féodale, l'essor urbain et les progrés techniques bouleversent l'ordre social : au début du , le sort économique de la bourgeoisie est plus enviable que celui que connaissent les hommes libres des campagnes reculées. Notamment, comme pour l'ensemble de la population urbaine, la dépendance de cette nouvelle classe à l'égard des seigneurs est bien moins importante que dans les campagnes ; toutefois, le développement du commerce avec les grandes foires médiévales permet à une riche paysannerie d'émerger dans les campagnes.
Voir aussi
Articles connexes
- [http://fr.wikisource.org/wiki/Textes_m%C3%A9di%C3%A9vaux Textes médiévaux dans Wikisource]
- Liste des articles sur le Moyen Âge
- Le musée national du Moyen Âge (Paris - Thermes et hôtel de Cluny) ~ Troubadour
Articles traitant de sujets médiévaux
Troubadour
- adoubement
- Architecture militaire
- Architecture religieuse
- Armement médiéval
- Architecture gothique
- Architecture romane
- Cathédrale
- Châteaux et Châteaux forts
- Chevalerie
- Croisade
- Cuisine médiévale
- les grands défrichements
- Éducation au Moyen Âge
- Foires
- Guerre au Moyen Âge, Guerre de Cent Ans
- Littérature du Moyen Âge
- Musique du Moyen Âge
- Peste noire
- Flagellants
- Seigneur, Seigneurie
- Vassalité
Histoire médiévale par aire géographique
Vassalité]]
- Le Moyen Âge en Allemagne :
- Francs
- Saint Empire romain germanique
- La ville de Metz au Moyen Âge
- Le Moyen Âge en Espagne :
- La Reconquista (711-1492)
- Le Moyen Âge en France :
- Le Haut Moyen Âge : Clovis, les Mérovingiens, les Carolingiens, Charlemagne, les Capétiens, etc.
- Le Bas Moyen Âge : les Valois
- Le Moyen Âge en Suisse
- La Suisse au Haut Moyen Âge (476-887)
- La Confédération des VIII cantons
- Confédération des VIII cantons (1353-1481)
- Le Moyen Âge en Méditerranée
- Le monde méditerranéen au
- Empire byzantin
- Trecento du italien
Musées et collections du Moyen Âge
- The Cloisters, à New York
- Musée national du Moyen Âge (hôtel de Cluny), à Paris
-
ja:中世
simple:Middle Ages
NormandsLes Normands sont actuellement les habitants de la Normandie, mais ce terme désigne également les « Hommes du Nord », les Northmannii en latin, Vikings venus de Scandinavie qui ravagent les côtes de tout l’Occident, s’aventurent jusqu’au cœur de la Méditerranée (hiver 859-860), pénètrent loin dans les terres de l’Est, poussent jusqu’en Orient, mais traversent également l’Atlantique, découvrent l’Islande, le Groënland, Terre-Neuve (voir le peuplement de L'Anse aux Meadows), mais aussi les côtes du Canada et d’Amérique du Nord (qu’ils appelèrent Vinland), essentiellement de la fin du au .
Les Vikings à avoir voyagé vers l’est étaient suédois. Vivant du commerce, de la piraterie et s’offrant comme mercenaires, ils écumèrent le réseau fluvial de ce qui sera plus tard la Russie, atteignant ensuite la mer Caspienne, Constantinople et Bagdad. Invités à pacifier la région par les tribus slaves et finnoises, les Varègues (Varyags, en russe), appelés Rus’ par les habitants slaves, sont arrivés vers le d’au-delà de la mer Baltique, menés par Riourik (Rörek) et ses deux frères Siniéous et Trouvor. Après leur installation autour de la ville slave de Novgorod, une véritable colonisation suédoise, Aldeigjuborg, fut établie autour du lac Ladoga au . Ils ont installé, à partir d’un ensemble de forts et de postes d’échanges, le premier état russe.
À partir de l’an 896, des bandes vikings s’installent à l’embouchure de la Seine, sous la conduite de Rollon le Marcheur, puis, plus tard, s’implantent solidement en Pays de Caux et en Cotentin surtout, mais également en Bessin, sur tout le littoral, le long des cours d’eau et de la Seine, et dans certaines villes de l’intérieur comme à Harcourt (qui tire son nom de Hariulfi Curtis du nom supposé d’un chef viking, Hariulf) : cette région devient le duché de Normandie après que le jarl viking norvégien Rollon reçoit du roi carolingien Charles le Simple par le traité de Saint-Clair-sur-Epte (911) le comté de Rouen. La population scandinave qui s’implante dans le duché, est majoritairement originaire du Danemark, mais une minorité non négligeable est issue de Norvège, principalement fixée en Cotentin, et même quelques bandes varègues venues de Suède s’installent en Normandie. Enfin, nous savons que de nombreux vikings (des Norvègiens) vinrent d'Irlande avec de nombreuses femmes et d'esclaves celtes, s'installant surtout dans le nord du Cotentin.
La colonisation viking se fait sur plus d’un siècle car les dernières bandes scandinaves arrivent dans le duché dans les années 1020 sous le règne du duc Richard l’Irascible. Le duché de Normandie se constitue surtout sous les successeurs de Rollon et c’est seulement au siècle suivant, sous le règne du duc Guillaume le Bâtard que le pouvoir ducal est totalement affirmé (à partir des années 1060).
Les Normands du duché font à leur tour la conquête de l'Angleterre sous le duc Guillaume le Bâtard à partir de l’an 1066, mais depuis le début du déjà, des Normands partent s’illustrer et chercher fortune en Espagne en combattant les musulmans aux côtés des rois chrétiens du Nord comme vers 1034 ou en 1064 à la bataille de Barbastro, mais surtout en Méditerranée, en Italie du Sud et en Sicile, jusqu'à Byzance et en Asie Mineure et enfin en Terre Sainte à l’époque de la Croisade.
Les Normands d’Italie et de Sicile jettent les fondements du futur royaume de Sicile. Notons les exploits de Rainulf Drengot qui arrive en Italie en 1016 avec ses quatre frères, fondateur du premier fief normand en Méditerranée, les frères Hauteville, qui arrivent à partir de 1035 avec principalement, Guillaume Bras-de-Fer, Drogon, Onfroi, Robert Guiscard, et Roger Bosse, ou encore notons l’aventure de Roussel de Bailleul en Asie Mineure, chef d’une troupe de mercenaires franco-normands, et plus tard Robert Burdet en Espagne. Aux générations suivantes, nous retrouvons encore de grandes figures tel que le fils aîné de Guiscard, Bohémond, qui devient prince d'Antioche en 1098, son neveu Tancrède de Hauteville, tandis que le fils de Roger Bosse, Roger II de Sicile, devient le premier roi normand de Sicile en 1130. En 1402, Jean de Béthencourt conquiert les îles Canaries et est « roi des îles Canaries » jusqu’en 1418. Ces Normands sont les aventuriers les plus fameux qui s’illustrèrent en dehors du duché, loin de leur Scandinavie d’origine.
L’esprit viking, toujours vivace en plein , s’estompe définitivement au cours du et les Normands, que ce soient ceux, entre autres, d’Angleterre ou d’Italie, cessent peu-à-peu de former un peuple distinct à partir de la seconde moitié du jusqu’au cours du . Quant au duché de Normandie, annexé au royaume de France par Philippe Auguste en 1204, il garde longtemps encore, face au pouvoir royal français, un très fort particularisme qui sera longtemps source de conflits entre les royaumes de France et d’Angleterre, conflits issus directement ou indirectement de ces anciens Normands, Vikings francisés et autochtones normannisés par près de deux siècles d’existence autonome du duché.
Voir aussi
- [http://planetejeanjaures.free.fr/histoire/barbares/images/normand.jpg Guerriers Normands (fantassins) à l'époque de la conquête de l’Angleterre] ;
- La Conquête de l'Angleterre ;
- Le Baronnage anglo-normand ;
- Le Royaume de Sicile ;
- Les Rus’.
Catégorie:Normandie médiévale
ja:ノルマン人
France
La France est un pays dont le territoire métropolitain est situé en Europe occidentale. Elle est membre de l'Union européenne, ainsi que de la zone euro et de l'espace Schengen. Elle est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.
Historiquement et constitutionnellement, les valeurs qu'elle défend et auxquelles elle est très attachée se fondent sur les Droits de l'Homme.
Militairement, elle est membre de l'OTAN (elle s'est retirée en 1966 de l'organisation militaire intégrée pour y revenir partiellement en 2002) et dispose de la dissuasion nucléaire.
Géographie
Articles détaillés : Géographie de la France ~ Environnement en France
Environnement en FranceSi la France métropolitaine est localisée en Europe occidentale, la France possède aussi des territoires en Amérique du Nord, dans les Antilles, en Amérique du Sud, dans l'Océan Indien, dans le nord et le sud de l'Océan Pacifique, et en Antartique.
Histoire
Article détaillé : Histoire de France
La France actuelle occupe la majeure partie des anciennes Gaules celtiques, puis romaines, mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique qui se forma tardivement et s'installa sur les terres de l'Empire romain.
La majeure partie des régions constituant la France actuelle fut unifiée sous Clovis en 507 (réunion sous la domination franque, ou regnum francorum, des Alamans, des Burgondes et des Wisigoths au nord | | |